BIOGRAPHIE :

INTERVIEW (expo Barcelona 2021) :

https://www.itsliquid.com/interview-frederiquenolet.html

C’est lors de mon enfance dans le Sud de la France où mon père était arboriculteur que j’ai été marquée par un sentiment de liberté, d’espace et imprégnée par la Nature. De retour en Belgique, j’y ai fait des études artistiques puis enseigné dans une Académie d’art à Bruxelles. Actuellement je vis sur la terre où j'ai grandi.

En dessin le travail est celui de l'écriture, du détail, de l'infime, du geste, de la rayure, souvent à l'encre et au crayon. L’univers est délicat, sensible et aérien.

Si le papier est translucide la trace est dans le papier, sur le papier et parfois à l'arrière du papier. La trace fait partie du support ; le support fait partie de la trace. Ils sont unis en un et le support n'est plus seulement à l'arrière du médium. C'est une façon d'essayer de se connecter avec l'invisible, de faire partie d'un Tout.

Quel que soit le support, je tente d’atteindre ce qu’il y a derrière la matière, d'atteindre l'inaccessible, de vivre mon travail et de préserver un lien méditatif.  

Mon parcours artistique révèle toujours ce même objectif :

J'ai commencé à peindre des arbres uniques sur des toiles verticales comme pour atteindre son sommet. Ensuite des sous-bois que je photographiais  pour leurs détails et peignais ensuite pour comprendre la Nature, trait par trait, point par point. Me mettre dans Sa peau. Sont venues les écorces de matière (ciment, bois, plâtre) et leur reproduction à la fois abstraites et à la fois détail d'arbre possible. Morceau par morceau je travaillais la matière pour la traverser ensuite; par des trous, des griffes avec l'idée d'aller toujours plus loin, plus à l'arrière de la surface et de l'apparence, à l'Essentiel. Besoin de traverser la peau, l'écran. J'ai fait quelques sculptures avec des matériaux de récupération plutôt naturels. Elles présentent souvent des griffures, des trous, ou des formes étirées vers le ciel. Ces techniques ne sont pas exhaustives. Collage, gravure, photo.

Vers 2013 j'ai recommencé à dessiner et aujourd'hui j'aborde l'écran et la matière devenue bien plus subtile, de telle sorte qu'il s'agit de papier, parfois translucide et que mon chemin semble s'approcher du but. Je suis davantage dans le subtil, le "presque rien", l'évanescent, le dansant, le spirituel.

​Bien que je me concentre sur le dessin, de façon complémentaire et selon l'inspiration par le contexte social, je travaille la tension entre l'image et le sens. En parallèle au travail graphique ou avec lui, selon l'envie et la période, j'aborde un questionnement sur des "valeurs" d'aujourd'hui comme par exemple le statut des animaux, la relation à la mort, à la liberté. 

(Voir images-messages-photos). L'image est manipulée, traitée en techniques mixtes, malmenée pour en troubler le sens avec poésie, humour et ambiguïté.